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Si vous avez reçu un diagnostic de fibromes utérins, sachez que vous n’êtes pas seule. Ces tumeurs bénignes touchent jusqu’à 70 % des femmes avant l’âge de 50 ans. Pourtant, de nombreuses femmes vivent leurs symptômes en silence : règles très abondantes, fatigue importante, annulation d’activités sociales ou impression qu’il faut simplement accepter cela comme « faisant partie de la vie d’une femme ».
Il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Comprendre vos différentes options de traitement est une première étape importante pour retrouver votre qualité de vie.
Que sont les fibromes?
Les fibromes utérins (aussi appelés léiomyomes ou myomes) sont des tumeurs non cancéreuses qui se développent dans l’utérus ou à sa surface. Leur taille peut varier de celle d’une petite graine à celle d’un melon, et vous pourriez n’en avoir qu’un seul ou plusieurs dizaines.
Ce qui peut sembler déroutant, c’est que certaines femmes ayant de gros fibromes n’ont aucun symptôme, alors que d’autres qui en ont de petits vivent des symptômes importants. L’emplacement du fibrome est tout aussi important que sa taille. Les fibromes sous-muqueux, qui se développent vers la cavité utérine ou à proximité, sont plus souvent associés à des saignements menstruels abondants pouvant entraîner une anémie sévère, laquelle peut mettre la vie en danger.
Les fibromes peuvent se développer à différents endroits :
- Intramuraux : dans la paroi musculaire de l’utérus
- Sous-muqueux : font saillie dans la cavité utérine (ce sont souvent ceux qui causent les saignements les plus abondants)
- Sous-séreux : sur la paroi externe de l’utérus (ils peuvent exercer une pression sur d’autres organes)
- Pédiculés : reliés à la paroi par un pédicule (une tige fine)
Les impacts moins visibles : bien plus que des règles abondantes
Lorsqu’on parle de fibromes, l’attention est souvent portée sur les saignements menstruels abondants. Pourtant, leurs effets vont bien au-delà des menstruations et peuvent influencer de nombreux aspects du quotidien.
Anémie ferriprive et fatigue importante
Des saignements abondants, mois après mois, peuvent entraîner une anémie, une condition où le sang ne transporte plus suffisamment d’oxygène dans le corps. Environ 30 % des femmes vivant avec des saignements importants liés aux fibromes développent une anémie.
Les cas d’anémie sévère associés aux fibromes ne sont pas rares, et dans certaines situations extrêmes, les taux d’hémoglobine peuvent chuter à des niveaux critiques (moins de 2,0 g/dl dans les cas extrêmes). Lorsque les globules rouges diminuent à cause des pertes sanguines, le corps puise dans ses réserves de fer, ce qui peut entraîner une série de symptômes : fatigue persistante, système immunitaire affaibli, ongles cassants, maux de tête, difficultés de concentration, perte de cheveux et parfois même des envies inhabituelles de glace ou de craie (un trouble appelé pica).
Cette fatigue n’est pas une « simple fatigue ». C’est une sensation d’épuisement profond où même les tâches simples peuvent sembler difficiles.
Impact sur la santé sexuelle et l’intimité
Les fibromes peuvent aussi avoir un effet important sur la vie sexuelle, même si ce sujet est rarement abordé ouvertement. Selon leur taille et leur emplacement, ils peuvent entraîner :
- Une sensation de pression pelvienne qui rend l’intimité inconfortable
- Des saignements abondants qui influencent la spontanéité et la confiance
- Une fatigue importante et un manque d’énergie qui diminuent le désir
L’impact émotionnel de ces symptômes, combiné à l’inconfort physique, peut également affecter la relation de couple et le bien-être global.
Options de traitements hormonaux
Les approches actuelles pour traiter les fibromes vont de la simple surveillance, lorsque les symptômes sont absents, jusqu’aux interventions chirurgicales. On observe également un intérêt croissant pour les approches qui préservent l’utérus ou permettent d’éviter la chirurgie. Voici un aperçu des options disponibles.
Antagonistes de la GnRH : une nouvelle génération de traitements
L’un des développements les plus prometteurs dans le traitement des fibromes est l’arrivée des antagonistes oraux de l’hormone de libération des gonadotrophines (GnRH). Onze essais cliniques randomisés, regroupant 4 164 patientes, ont évalué différents antagonistes de la GnRH dont le relugolix, l’élagolix, le linzagolix et le cétrorélix par rapport à un placebo ou à des agonistes de la GnRH chez des femmes préménopausées vivant avec des fibromes utérins et des saignements menstruels abondants.
Ces médicaments agissent en bloquant les signaux hormonaux qui stimulent la croissance des fibromes. Les résultats ont démontré que les patientes traitées avec des antagonistes de la GnRH présentaient un contrôle des saignements utérins nettement supérieur à celui du groupe placebo, avec un risque relatif de 5,09. Cela signifie que ce groupe était cinq fois plus susceptible de parvenir à une maîtrise de ses saignements.
Les nouveaux antagonistes oraux de la GnRH présentent un avantage important par rapport aux anciennes versions injectables : ils sont combinés à une thérapie hormonale de substitution à faible dose, dite « d’appoint ». Cette approche quotidienne par antagoniste de la GnRH entraîne une réduction significative des saignements menstruels par rapport au placebo, tout en préservant la densité minérale osseuse.
Les options actuellement disponibles comprennent :
- Traitement combiné au relugolix (Myfembree)
- Traitement combiné à l’élagolix (Oriahnn)
- Linzagolix (présentement à l’étude dans certains essais cliniques)
Ces traitements sont généralement proposés aux femmes qui souhaitent éviter une chirurgie ou qui se préparent à une intervention. La FDA recommande actuellement une durée maximale de traitement de 24 mois, bien que les recherches se poursuivent concernant une utilisation à plus long terme.
Autres options hormonales
Les contraceptifs oraux et les stérilets hormonaux peuvent aider à réduire les saignements chez certaines femmes, bien qu’ils ne diminuent pas la taille des fibromes. Le système intra‑utérin au lévonorgestrel agit principalement sur l’endomètre (la muqueuse de l’utérus) plutôt que directement sur les fibromes eux-mêmes.
Les inhibiteurs de l’aromatase, utilisés plus souvent dans d’autres conditions gynécologiques, montrent également un certain potentiel. Les études suggèrent qu’ils pourraient contribuer à réduire la taille des fibromes et certains symptômes chez certaines patientes. Toutefois, des effets secondaires comme les bouffées de chaleur, les variations d’humeur, la perte osseuse et la sécheresse vaginale peuvent survenir. Des recherches supplémentaires sont encore nécessaires avant que cette catégorie de médicaments soit largement utilisée pour les fibromes.
Embolisation des artères utérines (EAU) : réduire l’apport sanguin
Et s’il était possible de réduire les fibromes sans chirurgie, simplement en diminuant leur apport sanguin? C’est le principe de l’embolisation des fibromes utérins.
Fonctionnement
Lors d’une EAU, un radiologiste d’intervention effectue une petite incision au niveau de l’aine ou du poignet, puis introduit un cathéter dans les vaisseaux sanguins jusqu’aux artères qui alimentent les fibromes. De très petites particules (de la taille de grains de sable) sont ensuite injectées afin de bloquer la circulation sanguine vers les fibromes, ce qui entraîne leur réduction progressive.
Les données probantes
Cette procédure est soutenue par plusieurs études importantes. Le registre FIBROID, la plus vaste étude évaluant les résultats de l’EAU, a suivi plus de 3 000 patientes. Les données ont démontré une amélioration durable des symptômes liés aux fibromes ainsi qu’une meilleure qualité de vie liée à la santé.
Points à considérer
L’EAU présente un taux de réintervention et d’hystérectomie plus élevé que la myomectomie lors d’un suivi de quatre ans, ce qui signifie que certaines femmes pourraient éventuellement avoir besoin d’un autre traitement. Toutefois, pour celles qui souhaitent éviter une chirurgie au départ, cette approche peut offrir un soulagement important des symptômes avec un temps de récupération généralement plus court.
La procédure peut être réalisée par l’aine (voie transfémorale) ou par le poignet (voie transradiale). Les deux approches présentent des résultats techniques et cliniques similaires, avec des taux comparables de réduction du volume utérin et peu de complications au point d’accès.
Ablation par radiofréquence : thérapie par chaleur ciblée
L’ablation par radiofréquence (ARF) est l’une des approches minimalement invasives les plus récentes pour traiter les fibromes. Le principe consiste à utiliser une chaleur contrôlée afin de détruire le tissu des fibromes de l’intérieur, un fibrome à la fois.
Deux approches possibles
ARF laparoscopique (procédure Acessa) :
Le système Acessa a été approuvé par la FDA pour l’ablation de tissus mous, incluant le traitement des fibromes utérins symptomatiques, sous guidage échographique direct. La procédure se fait à l’aide de petites incisions au niveau de l’abdomen. Une sonde échographique laparoscopique permet au chirurgien de visualiser les fibromes (même les plus petits, dès 2 mm) puis de les traiter grâce à une énergie radiofréquence transmise par une aiguille spécialisée.
ARF transcervicale (système Sonata) :
Cette approche passe par le vagin et le col de l’utérus, sans incision abdominale. Elle est particulièrement adaptée à certains types de fibromes.
Récupération et retour aux activités
La majorité des femmes retournent chez elles le jour même. Dans la plupart des cas, les patientes peuvent reprendre le travail et des activités légères en quelques jours, avec une récupération complète en environ deux semaines. Une amélioration importante des symptômes est souvent observée environ trois mois après l’ablation.
Points importants à considérer
Les effets de l’ARF sur une future grossesse sont encore à l’étude. Si une grossesse est souhaitée, il est important d’en discuter avec votre médecin. Cette technique a été approuvée aux États-Unis en 2012 ; les données à long terme sont donc limitées, particulièrement en ce qui concerne la grossesse et ses issues.
Options chirurgicales : myomectomie et hystérectomie
Myomectomie : retirer les fibromes tout en préservant l’utérus
La myomectomie consiste à retirer les fibromes tout en conservant l’utérus. Cette approche est souvent privilégiée chez les femmes qui souhaitent préserver leur fertilité. Plusieurs traitements minimalement invasifs pour les tumeurs des muscles lisses de l’utérus sont d’ailleurs conçus dans le but de préserver la fertilité des patientes.
La procédure peut être réalisée de différentes façons :
- Hystéroscopie (par le vagin et le col de l’utérus) pour les fibromes sous-muqueux
- Laparoscopie (petites incisions abdominales) pour les fibromes sous-séreux et certains fibromes intramuraux
- Laparotomie (chirurgie ouverte) pour les fibromes volumineux ou nombreux
Le principal défi de la myomectomie est la possibilité d’une récidive. De nouveaux fibromes peuvent apparaître ou certains fibromes existants peuvent réapparaître avec le temps.
Hystérectomie : un traitement définitif
L’hystérectomie demeure l’un des traitements les plus fréquents des fibromes, bien que des options plus sûres, telles que l’ablation localisée et les thérapies par antagonistes oraux de la GnRH, soient sous-utilisées. L’hystérectomie élimine définitivement le problème des fibromes, mais il s’agit d’une intervention chirurgicale majeure avec une période de récupération plus longue. Elle signifie également que vous ne pourrez plus devenir enceinte.
Pour de nombreuses femmes, particulièrement celles dont la famille est complète et dont les symptômes sont importants malgré d’autres traitements, l’hystérectomie peut offrir un soulagement durable et une tranquillité d’esprit.
Prendre une décision : les éléments à considérer
Le choix du traitement dépend des préférences de chaque femme ainsi que de l’expertise de l’équipe médicale. Voici quelques points importants à discuter avec votre équipe de soins :
Vos priorités :
- Souhaitez-vous préserver votre fertilité?
- À quel point les symptômes affectent-ils votre qualité de vie?
- Avez-vous besoin d’un soulagement rapide des symptômes?
- Quelle est votre tolérance face à l’éventualité d’un nouveau traitement?
- Quel impact le temps de récupération pourrait-il avoir sur votre vie professionnelle et familiale?
Les caractéristiques des fibromes sont importantes :
- La taille, le nombre et l’emplacement des fibromes
- Le fait qu’ils causent des saignements abondants, une sensation de pression, ou les deux
- Les résultats de vos examens d’imagerie
Votre état de santé global :
- La présence et la sévérité d’une anémie
- Vos autres conditions médicales
- Votre âge et votre proximité avec la ménopause
Prendre en charge l’anémie : une première étape essentielle
Peu importe le traitement choisi pour les fibromes, la prise en charge de l’anémie est souvent une priorité. L’anémie causée par les fibromes peut généralement être améliorée, voire corrigée, grâce à une supplémentation en fer combinée à un traitement complet des fibromes utérins.
Votre médecin pourrait recommander :
- Des suppléments de fer par voie orale pour reconstituer vos réserves de fer
- Des perfusions de fer par voie intraveineuse en cas d’anémie modérée
- Des transfusions sanguines dans les situations plus sévères
- Des changements alimentaires incluant des aliments riches en fer comme la viande rouge, les légumineuses, les légumes-feuilles et les céréales enrichies
Lorsque la cause sous-jacente est traitée et que les niveaux de fer remontent, l’anémie devrait s’améliorer et votre cycle menstruel devrait redevenir plus régulier.
L’essentiel à retenir
Les options pour traiter les fibromes symptomatiques sont aujourd’hui plus nombreuses que jamais. Les approches actuelles vont de la simple surveillance, lorsque les symptômes sont absents, jusqu’aux interventions chirurgicales, avec une tendance croissante vers des solutions non chirurgicales ou préservant l'utérus.
Le « meilleur » traitement n'est pas le même pour tout le monde. Le choix dépend des symptômes, des projets de grossesse, des caractéristiques des fibromes et de ce qui est le plus important pour vous, notamment en ce qui concerne le temps de récupération et les résultats à long terme.
Ne vous résignez pas à souffrir. Travaillez avec une équipe de soins qui écoute vos préoccupations et vous présente les différentes options disponibles. Que vous choisissiez une surveillance, un traitement médicamenteux, une approche minimalement invasive ou une chirurgie, l’objectif demeure le même : vous aider à retrouver votre énergie, votre confort et votre qualité de vie.
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