Cet article a été rédigé en collaboration avec les professionnels de santé de sanoMidVie afin de fournir des informations fiables et précises.
À quoi ressemble la perte de cheveux à la ménopause
Le type de perte de cheveux le plus courant pendant la ménopause est appelé perte de cheveux de type féminin ou alopécie androgénétique féminine. Cette condition se caractérise par un rétrécissement progressif des follicules pileux qui entraîne des cheveux plus fins, plus fragiles et une diminution de la densité capillaire — particulièrement au sommet du crâne, le long de la ligne de séparation et parfois au niveau des tempes. Beaucoup de femmes remarquent cela d'abord en voyant plus de cheveux dans leur brosse ou dans le drain de la douche, ou encore en constatant que leur queue de cheval est moins volumineuse.
D’autres types de perte de cheveux peuvent également se manifester. L'effluvium télogène (ET) est une augmentation soudaine de la chute des cheveux, qui peut survenir après une maladie, une chirurgie, un stress important ou l’utilisation de certains médicaments (comme les anticoagulants ou les bêtabloquants). Il peut coexister avec l’alopécie androgénétique féminine et en amplifier les effets.
Un type plus sévère, l'alopécie frontale fibrosante (AFF), touche principalement les femmes postménopausées. Elle se manifeste par une perte de cheveux cicatricielle au niveau de la ligne frontale des cheveux, des tempes, des sourcils ou même des cils. Bien que plus rare, cette condition souligne l'importance d'une évaluation rapide et approfondie de toute préoccupation liée à la perte de cheveux.
Hormones, génétique et santé capillaire
La diminution des niveaux d’œstrogène et de progestérone pendant la ménopause raccourcit la phase de croissance des cheveux (anagène) et prolonge la phase de chute (télogène). Sans le soutien de ces hormones, la tige capillaire devient plus fine, plus sèche et plus cassante.
Les œstrogènes jouent un rôle essentiel dans la circulation sanguine du cuir chevelu, la nutrition des follicules et la production de sébum. En leur absence, le cuir chevelu et les cheveux ont tendance à devenir plus secs et plus fragiles. Par ailleurs, lorsque les niveaux d’œstrogène diminuent, la présence relative des androgènes (comme la testostérone et la DHT) augmente. Ces hormones peuvent entraîner une miniaturisation des follicules, particulièrement chez les personnes ayant une prédisposition génétique.
Les femmes présentant une sensibilité aux androgènes peuvent remarquer un amincissement des cheveux sur le cuir chevelu tout en observant une augmentation de la pilosité dans des zones non souhaitées, comme le menton ou la lèvre supérieure. De plus, les troubles de la thyroïde — qu’il s’agisse d’une thyroïde trop active ou insuffisamment active — peuvent également provoquer ou aggraver la perte de cheveux.
Le rôle de la génétique
La génétique peut également influencer la façon dont les cheveux changent avec l’âge. Si votre mère, votre père ou d’autres membres de votre famille ont connu un amincissement des cheveux après la ménopause, vous pourriez être plus susceptible d’en faire l’expérience vous aussi. Un gène en particulier, le gène AR (récepteur des androgènes), a été associé à la perte de cheveux chez les femmes. Certaines variations de ce gène rendent les follicules plus sensibles aux androgènes, ce qui accélère l’affinement des cheveux.
Stratégies pratiques pour des cheveux plus sains
Bien que toute perte de cheveux ne soit pas réversible, plusieurs gestes simples peuvent soutenir la santé globale des cheveux et du cuir chevelu :
1. Nourrir de l’intérieur
Assurez-vous de consommer suffisamment de protéines, de vitamines B, de fer, de zinc, de magnésium, de calcium et de collagène. Vous pouvez également envisager des suppléments comme la biotine, le palmier nain ou des peptides de collagène marin.
2. Des soins capillaires doux
Évitez les coiffures trop serrées, le brossage vigoureux et l’utilisation fréquente d’outils chauffants. Utilisez un shampooing sans sulfates et un revitalisant nourrissant. Laissez les cheveux sécher à l’air autant que possible et utilisez un peigne à dents larges plutôt qu’une brosse sur les cheveux mouillés.
3. Protection pendant la nuit
Dormez sur une taie d’oreiller en satin ou en soie afin de réduire la friction et les cassures.
4. La santé du cuir chevelu est importante
Intégrez le massage du cuir chevelu à votre routine, par exemple avec des huiles essentielles comme le romarin ou la menthe poivrée. Choisissez des sérums contenant de la niacinamide, des céramides ou de la caféine pour soutenir la santé du cuir chevelu et la circulation sanguine.
5. Gérer le stress
Le stress chronique peut contribuer à l’effluvium télogène (TE) et aggraver les problèmes capillaires existants. L’activité physique douce, la pleine conscience, la thérapie et un sommeil régulier peuvent aider à réduire l’impact du stress sur le corps — y compris sur les cheveux.
Options de traitement médical
Bien que les habitudes de vie jouent un rôle important, de nombreuses femmes peuvent bénéficier de traitements médicaux, particulièrement lorsque la perte de cheveux est importante ou persistante :
- Le minoxidil topique (Rogaine) est le seul traitement approuvé par la FDA pour la perte de cheveux de type féminin. Il favorise la repousse en prolongeant le cycle de croissance des cheveux. Il s’applique directement sur le cuir chevelu, mais peut parfois causer de l’irritation ou une augmentation temporaire de la chute des cheveux au début avant que des améliorations ne soient observées après 4 à 6 mois.
- Les antiandrogènes oraux, comme la spironolactone, peuvent être prescrits pour réduire la sensibilité aux androgènes. Bien qu’ils ne soient pas officiellement approuvés pour la perte de cheveux, ils sont souvent utilisés hors indication avec de bons résultats. Le finastéride peut également être envisagé dans certains cas.
- Le traitement hormonal de substitution (THS) peut aider dans certains cas, bien que les données probantes demeurent limitées lorsqu’elle est utilisée seule pour la repousse des cheveux.
- La thérapie au laser, la luminothérapie rouge à DEL et les traitements par plasma riche en plaquettes (PRP) sont d’autres options pouvant contribuer à améliorer la santé des follicules.
- Pour les formes avancées ou cicatricielles de perte de cheveux, une consultation avec un dermatologue ou un spécialiste de la perte de cheveux est recommandée.
Réflexions finales
La perte de cheveux pendant la ménopause est fréquente — mais elle ne doit pas être vécue dans le silence. Comprendre les changements hormonaux, les influences génétiques et les facteurs liés au mode de vie qui contribuent à l’amincissement des cheveux peut vous aider à reprendre un certain contrôle.
De la nutrition aux soins doux du cuir chevelu, en passant par les traitements médicaux et l’accompagnement professionnel, plusieurs solutions existent. Si la perte de cheveux vous préoccupe, n’hésitez pas à en parler avec un professionnel de la santé qui comprend les réalités complexes de la santé au milieu de la vie.
Vous n’êtes pas seule et, avec le bon soutien, vos cheveux — tout comme votre confiance — peuvent retrouver force et vitalité.
Article rédigé par : Wendy Hildebrand, infirmière praticienne
Wendy Hildebrand est une infirmière praticienne établie à Victoria, en Colombie-Britannique, qui possède plus de 20 ans d’expérience diversifiée en soins infirmiers, allant des soins médico-chirurgicaux et palliatifs à la santé maternelle et infantile, en passant par la santé publique. Sa passion est d’accompagner et d’autonomiser les femmes lors des transitions complexes du milieu de la vie grâce à une éducation fondée sur des données probantes et des soins empreints de compassion.
Wendy adopte une approche chaleureuse et collaborative dans son travail avec sanoMidVie, où elle est fière de collaborer avec les femmes dans leur parcours vers une santé, une confiance et un bien-être renouvelés.
Commentaires
0 commentaire
Vous devez vous connecter pour laisser un commentaire.